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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 20:28

Le théologien “non académique” évoqué dans ses articles

 

13 mai 2020, Saint Robert Bellarmin et anniversaire des apparitions de Fatima

 

 

Monseigneur Livi nous a quittés il y a environ un mois, ceux qui l'ont connu de près savent - comme l’a rappelé récemment un de ses amis - qu’il n’aurait pas aimé des panégyriques en son honneur, craignant aussi que ces paroles ne soient plus dictées par les circonstances que par le cœur. Il était ainsi le doyen de la faculté de philosophie de l'Université du Latran, à qui Mgr Gherardini laissa par écrit la direction de Divinitas le 14 janvier 2016, nous étions présents, afin que cette revue puisse continuer dans l’esprit de Mgr Piolanti. Homme au caractère pas toujours facile et parfois réservé, il n’a jamais trop fait confiance à ceux qui l’encensaient ; de dures épreuves durant sa vie sacerdotale lui avaient appris une réticence prononcée à l’égard des flatteurs, surtout s’ils se cachaient derrière des propos apparemment “charitables”. Nous lui obéirons donc, et nous ne nous souviendrons de lui que par ses écrits, comme il l’aurait souhaité : “allez voir ce que j'ai écrit et signé”. Et c’est bien vrai. Si on veut le connaître et l’apprécier, mais surtout si on veut comprendre comment lire cette crise extraordinaire de la pensée et de la pensée catholique, il faut lire entre autres ses écrits. C'est pourquoi nous rapporterons en bas de page tous les articles qui ont marqué sa collaboration avec Disputationes Theologicae de 2012 jusqu'à l’invasion de la pensée de Walter Kasper dans l'Église qui l’horrifiait. Dieu sait combien à juste titre.

 

Nous nous permettrons une seule dérogation à ce que nous nous sommes proposés, et cela parce que, sans cacher que nous n’avons pas toujours été d’accord, nous nous considérons dans ce cas comme à l’abri des risques susmentionnés. Ce sera un éloge de sa répugnance envers la “médiocrité académique”, surtout lors de ces dernières années pendant lesquelles il a voulu donner une orientation plus déterminée à certains de ses choix. Nous ne parlons pas ici des faibles capacités intellectuelles de tel théologien ou de tel philosophe, au contraire, nous ne nous souvenons pas sur ce point d’une dureté particulière de sa part, pas même devant certaines nullités qui siégeaient sur des chaires universitaires. Mais nous parlons de ce qui est la véritable médiocrité, surtout chez les hommes d'Église qui devraient enseigner, parce qu’elle est une véritable tiédeur. “Si doctus es doce nos” aurait dit Saint Bernard. Celui qui en sait plus, celui qui a mieux compris - surtout sur ce fléau qui infecte et affaiblit l'Église aujourd’hui - doit parler davantage. Mieux, il doit crier sur les toits, certes en fonction de l'opportunité des cas et selon ses capacités, mais il y a un devoir de témoignage dont nous serons amenés à rendre compte. C’est ce que Mgr Livi a fait, en payant le prix fort, surtout lors de ces dernières années au cours desquelles son cri était devenu plus décisif et plus rugissant que par le passé, entre autres lorsqu’il voyait ce que la tiédeur des “chiens muets” d'Isaïe avait produit. Il allait donner des conférences là où il y avait “quatre chats”, comme il disait, dans un village perdu, peut-être organisées par une association qui n’était pas forcément dans les bonnes grâces de certains groupes de pouvoir curiaux, et - devant ce public souvent peu habitué aux distinguo thomistes - il adaptait ses discours. Et cela, afin que ces personnes, peut-être ignares des distinctions philosophiques, mais désireuses de rester fidèles à l'Église, puissent être mises en garde contre les dangers de certaines doctrines séduisantes, imprégnées d’hérésie et qui sont la voie privilégiée vers le feu éternel. Ces derniers temps surtout, c’est à cela qu’il pensait, à l'essentiel. Lui, le véritable académicien. Alors qu’il lui aurait été facile de se cacher derrière les distinctions théologiques ou d’école les plus savantes et les plus soignées - dont il aurait été capable et que peut-être beaucoup de ses adversaires n'auraient même pas comprises... - et de plonger ainsi dans un certain équilibre d’académie, qui au fond veut éviter de choisir entre le Christ et Bélial, il a préféré s’attaquer aux ennemis de la Doctrine avec une fureur impétueuse même verbalement. Et il les désignait par leur nom, prénom et titre académique ou hiérarchique, pour mettre en garde les plus faibles.

 

C’est cela la “grandeur académique” et c’est cela que nous voulions rappeler de lui, avant de lui laisser la parole par ses écrits. D'ici-bas, nous prions pour l’âme de Monseigneur Livi, et que lui intercède pour tous ces savants catholiques de bonne doctrine, et il y en a - même s'ils sont parfois cachés - afin qu'ils puissent porter l’onus et honor du véritable académicien catholique en ces temps d'apostasie dominante.

 

Don Stefano Carusi

 

 

Au sujet de la Communion aux Protestants:

 

«Amoris Laetitia», Mgr Livi s’adresse aux pénitents et aux confesseurs:

 

Au sujet de l’hérésie des doctrines eucharistiques de Kasper:

 

Au sujet des hérésies ecclésiologiques de Hans Küng:

 

Pour une relance de la philosophie pérenne:

 

Au sujet de l’incompatibilité entre théologie catholique et philosophie hégélienne:

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