Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /Mai /2009 10:13

   
Depuis un certain nombre d’années les études ecclésiastiques semblent languir dans un état qui, sans avoir renoncé au débat théologique, a cependant volontairement mis de coté l’institution de la dispute théologique, noyant la recherche relative à la science de Dieu dans une vulgate qui chante à l’unisson et qui a parfois même renoncé à la spéculation rigoureuse, à l'approfondissement probant, à l’argumentation structurée, à la réfutation décidée d’une thèse fausse.
 


L’irénisme théologique, qui a fait couler des fleuves d’encre dans les derniers temps, semble avoir conduit nombre de théologiens – certains parmi eux étant même de grande valeur – à produire des publications prolixes et souvent dotées de la bibliographie la plus recherchée, publications qui cependant se distinguent souvent par l’absence de choix théologiques clairs et par l’art subtile de contourner les questions gênantes et épineuses. Un vague sentimentalisme religieux semble se substituer au nerf de la spéculation scolastique, en diluant la science divine dans un bouillon sans saveur et décevant, parce que dépourvu de corps. Dans beaucoup d’universités, malheureusement même romaines – dans lesquelles certains des nos collaborateurs étudient ou enseignent – on a quasiment renoncé à faire de la théologie au sens traditionnel. On assiste ainsi à une inversion de l’attitude académique qui laisse chaque jour plus perplexe : tandis que sont mis en discussion des dogmes solennellement définis, il est impossible d’approfondir et moins encore de contester des thèses qui sont, dans le meilleur des cas, de simples opinions théologiques. Cette attitude, loin d’être scientifique, est surtout souverainement incapable de satisfaire l’intelligence. Elle a donc poussé certains clercs, étudiants d’hier et d’aujourd’hui en théologie dans les universités romaines, à créer une tribune libre, dans laquelle puisse se dérouler un débat théologique sérieux, n’ayant comme limites de la discussion théologique que le Magistère de l’Eglise dans sa prudence traditionnelle et non la politique ecclésiastique – au sens le plus péjoratif du terme.
 


Les initiateurs de cette entreprise, qui n’a aucunement la prétention de se substituer aux grandes revues théologiques, voudraient relancer le « fides quaerens intellectum », qui a été la gloire de la théologie catholique dans l’esprit de la « disputatio theologica », d’où le titre choisi pour ce forum. Le style des interventions sera celui d’articles brefs et, si nécessaire, pourvus d’une bibliographie essentielle, sans panache d’érudition, de façon que l’on puisse se rapprocher avec agilité des grandes questions théologiques sans perdre le sérieux scientifique, « ut serietate ac vigori argumentationis magis quam copiae eruditionis attendatur », comme aimait le répéter Timothée Zapelena depuis les chaires de la Grégorienne.
 

A la suite de ces interventions il sera possible de répondre, par des précisions théologiques ou par une réfutation scientifique, à la seule condition qu’on ne craigne pas la force de la vérité et qu’on évite les disputes de boutique, en se souvenant que la vérité n’appartient ni à Socrate, ni à Platon, mais à tous.


Don Stefano Carusi
, coordinateur de la rédaction



 


Par Disputationes theologicae
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