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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 11:11

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Identitaires


 

Dans la Neuvaine de l’Immaculée Conception 2013

 

Nous avons lu, récemment, trois discours que nous proposons très synthétiquement aux lecteurs de cette revue. Ces exemples concrets – ce sont des faits! – confirment des thèses déjà exposées dans ces colonnes, en montrant, plus que tout discours, la signification de la bataille de quelques membres de l’IBP (bataille pour laquelle certains prient, même à Rome, comme eux-mêmes nous l’ont dit); et qui montrent l’erreur profonde de l’argument habituel de l’alliance entre l’idéologie et l’opportunisme, c’est à dire la primauté de l’unité sur la vérité et la justice. 


1) Une homélie solennelle récente d’un haut représentant de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre

Le 17 novembre 2013, l’abbé Ribeton, le Supérieur du District de France de la FSSP, a célébré, à Saint Sulpice, la Messe en commémorant les vingt-cinq ans de cette Société. En lisant le texte (même assez long) de cette homélie - mise à part l’inexactitude qu’à la FSSP auraient été concédées toutes les conditions prévues dans le protocole “Ratzinger-Lefebvre”, puisque le Vatican (partagé et conditionné) n’a pas osé donner l’évêque à ceux qui ont choisi de faire l’accord - nous avons été frappés de constater une absence: nous ne trouvons aucune mention de la  “bonne bataille”! Il est question de vingt-cinq ans dans l’obéissance, mais aussi dans la “bonne bataille”, ce qui comporte donc le combat “en positif”, mais aussi celui “en négatif”? Le problème se pose: la Fraternité Saint Pierre veut-elle faire une bataille doctrinal? Le drame d’aujourd’hui est-il uniquement «la culture de mort dans une société sécularisée […] la folie d’un monde sans Dieu», ou bien est-il aussi «l’auto-démolition de l’Église», ce que le Pape Paul VI avait admis? Y a-t-il, ou pas, une crise au sein de l’Église? Non pas un “traditionaliste”, mais un centriste influent comme le Cardinal Ratzinger n’a-t-il pas peint justement dans cette fameuse conférence de l’été 1988, une situation intérieure objectivement anormale?

Il y a au contraire une autre perspective: «ces paroles du Saint-Père montrent que les mesures prises depuis 1988 ne sont pas une parenthèse miséricordieuse mais l’affirmation d’un droit de cité, une entière reconnaissance.»  Et plusieurs passages de l’homélie ont la saveur de la flatterie.

Lisant un tel discours, après un quart de siècle de la régularisation, nous nous sommes rappelé ce qu’a dit une fois l’abbé de Tarnouarn, qui observait avec sagacité que la Fraternité Saint Pierre vivait le complexe des dhimmi: chrétiens tolérés en pays musulmans, toujours à la recherche de la légitimation. Nous en arrivons à nous demander si la Fraternité Saint Pierre, qui est certes sérieuse et a, historiquement, des qualités estimables, s’est remise de la mise sous Commissaire qui eut lieu l’An Saint 2000. Et il nous revient à l’esprit ce que des confrères de cette société nous dirent en privé : notre erreur a été de tout accepter dans le silence; et maintenant il est trop tard! C’est comme ça que vous voulez finir? Nous, non: donc nous luttons.


2) La plus récente (d’après ce que nous savons) sanction draconienne dans la Fraternité Saint Pie X

Nous avons récemment lu, de source directe, le texte (daté du 11 novembre) de la “condamnation” de la part du Supérieur Général Mgr Bernard Fellay de l’abbé Pinaud, un représentant de celle qu’on appelle l’“aile dure” de cette société. Évidemment, le courant de pensée du condamné n’est pas le nôtre, cela ne peut empêcher que la sévérité encore plus forte de cette condamnation soit frappante : ce prêtre a été privé par le Supérieur Général de la faculté d’accomplir tout acte sacerdotal (entre autres avec des références au pouvoir de juridiction, que Mgr Fellay ne devrait certainement pas posséder), le “condamné” ne peut plus dire la Messe, pas même en privé ! Et cela, en substance, parce qu’il s’est opposé à Mgr Fellay. Nous ne doutons pas que ce confrère ait commis des erreurs: mais Mgr Fellay ne devrait-il pas aborder les faits d’une façon plus approfondie, plutôt que d’avoir recours à des raccourcis autoritaires? Des aspects qui sont en partie compréhensibles vu les difficultés concrètes de la situation, mais qui rappellent aussi certains phénomènes très blâmés, qu’on voit du “côté officiel”.

Nous rappelons qu’il n’y a que quelques années-lumière, le même Mgr Fellay expédiait, d’un bout du monde à l’autre, des clercs, uniquement parce que de sentiment notoirement romano-accordiste. Et nous connaissons des prêtres qui, après avoir accepté de telles sanctions, en sont sorti avec une position totalement différente, si bien qu’on se pose la question s’ils n’ont pas subi une sorte de lavage du cerveau.

La Déclaration capitulaire de 2006 en arriva, elle aussi, au point d’exclure, par principe, que l’accord canonico-ecclésial soit possible tant que la crise dans l’Église restait ouverte: une telle Déclaration est grave (très grave!), parce qu’une chose est dire qu’on n’arrive malheureusement pas à obtenir un bien dans l’immédiat et une autre est l’exclure par principe. Et cela a été approuvé à l’unanimité! C’est ce qui a été écrit publiquement dans la presse officielle de la FSSPX, et pas un seul des Pères capitulaires ne s’est levé pour démentir publiquement une telle affirmation d’unanimité.

Quelques années après, le même Mgr Fellay a semblé suivre une perspective toute différente - sans donner des explications appropriées sur ce changement - et il en est arrivé au point d’envoyer à Rome une Déclaration (qui a été publiée uniquement quand il ne pouvait désormais pas en cacher le contenu exact, qui avait été, jusque-là, très librement référé), laquelle va largement outre l’abhorré “accord pratique”, comme ils l’appellent. Le contenu est en effet ce qui, jusqu’à peu de temps auparavant - et si d’autres l’avaient fait - aurait été officiellement considéré, par la Fraternité Saint Pie X, un “compromis” doctrinal détestable, ou mieux: sur certains points, même une “capitulation”.

Le plan, bien qu’en phase très avancée, n’a pas abouti: mais ce qui était impossible seulement quelques années-lumière auparavant, est devenu, avec désinvolture, possible dans la Déclaration capitulaire successive. Et les raisons du changement? Il est possible qu’on se demande légitimement: peut-on ne pas comprendre qui - en prenant sérieusement les déclarations précédentes de signe opposé et les conduites officielles de la FSSPX - est resté bouleversé, a déclaré que cela constituait une trahison et a tenté de se comporter en conséquence? “Qui sème le vent, récoltera la tempête”… Et pourtant, au lieu d’une sérieuse (et publique, comme ils disent toujours…) réflexion critique sur ce qui s’est passé et sur ses causes profondes, on a préféré réprimer durement toute voix critique. Comme c’est souvent le cas dans la FSSPX.

Chers confrères de la FSSPX, êtes-vous disposés à accepter tout cela? Êtes-vous disposés à donner à Mgr Fellay la confiance aveugle que vous niez systématiquement à Rome, parce que vous soutenez (comme le disait Mgr Fellay en 2002) parfois même justement: nous ne pouvons pas renoncer à penser? Nous pensons que non: donc nous faisons bloc sur une autre ligne et nous continuons cette bataille.


3) Une interview récente de l’Abbé Aulagnier, qui dirige le Séminaire de l’IBP de l’après(?)-mise sous Commissaire  

Dans une interview publiée dans “Vue de France” du 15 novembre 2013, parle l’Abbé Paul Aulagnier lequel, parmi les fondateurs de l’IBP (mais à l’époque aussi soi-disant membre de la FSSPX), est le dernier prêtre qui se soit inscrit à l’Institut du Bon Pasteur, en novembre 2011 (juste à temps pour voter au Chapitre controversé de 2012, qui a consenti au Vatican de mettre sous Commissaire et tout ce qui s’en suit).

Au cours de toute l’interview, il affirme que sa position reste inchangée depuis qu’il était un dirigeant phare de la FSSPX (pour être exact, c’est nous qui le relevons, le principal fossoyeur, dans la réunion du Pointet, de l’accord de mai 1988). Cela ne nous étonne pas beaucoup parce qu’il y a seulement trois ans, il qualifiait, devant quarante personnes, après les ordinations, la Messe célébrée selon le Novus Ordo avec des termes excrémentiels, seulement il y a deux ans il la jugeait d’une façon péremptoire, comme «Messe de Luther» et cette année encore, dans les notes pour les séminaristes, il a affirmé que «ce n’est pas un véritable Messe». Mais nous nous demandons: pourquoi alors appelle-t-il officiellement pour être directeur spirituel un prêtre biritualiste du diocèse de Paris? Aujourd’hui, il exalte Rome d’une façon presque idolâtrique, mais il appelle, pour enseigner l’ecclésiologie, un prêtre vagus, qui, pour les Confirmations avec l’Évêque du lieu, emploie uniquement la plus pure “huile d’Ecône”, parce qu’elle est “plus sûre”. Il dit aux séminaristes qu’il fera toutes les conférences spirituelles de l’année sur la théologie du sacerdoce selon le Bienheureux Jean Paul II - parce qu’il «sera bientôt Saint» - mais, en novembre, il s’interroge sur comment celui qui a excommunié Mgr Lefebvre peut être saint (en reprenant servilement l’ “argumentation” de l’Abbé de Caqueray). Et tout cela en novembre 2013! Y a-t-il de la cohérence dans de telles affirmations?

Si bien que, en étant conscient du dommage que l’autoritarisme porte à la grande valeur de l’Autorité, nous nous demandons: la vraie “troisième voie”, peut-elle consister dans le fait d’adopter dans certaines circonstances (plus publiques) le langage et les idées de la Rome même d’aujourd’hui et dans d’autres occasions (plus privées) le langage et les idées d’Ecône même dans les phases les plus “dures”? Nous répondons que non: et c’est pour cela que nous ne refusons pas non plus de faire cette bataille.

Tout en étant conscient, d’une part de la vanité de certaines ruses politicardes (comme l’histoire ainsi que la chronique le montrent ad abundantiam); et d’autre part - comme l’a souligné récemment un de nos anciens séminaristes dans une revue amie - l’admission initiale de la part de la Signature d’un de nos recours, abstraction faite de son résultat dans les phases successives du procès, a déjà atteint un résultat important. En effet, la position suivie cet été par tout l’Institut des Franciscains de l’Immaculée (pourtant très loués par la FSSPX, dont le Supérieur les a même définis justement ces jours-ci «proches de nous presque par nature») est désavouée: c’est-à-dire la thèse selon laquelle à des mesures de ce genre on ne peut certainement et absolument pas s’opposer. Une thèse qu’appartient à la mentalité de l’obéissance aveugle, une logique qui aujourd’hui a ouvert dans de nombreuses réalités la voie à la pleine acceptation de tout: du Novus Ordo et du…Novissimus Ordo, du post-Concile officiel et du post-Concile de fait (y compris le post-Concile abusif), de l’herméneutique de la continuité et de l’herméneutique du Cardinal Martini (de fait impunie, avec des Évêques et aussi avec des Cardinaux)… Sommes-nous disposés à accepter tout cela? Nous, non: donc, en acceptant au contraire la douloureuse maturation qui dérive des contrariétés permises par la Providence, nous résistons.


                                                                                                  Don Stefano Carusi

et les autres résistants de l’IBP

 

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Published by Disputationes theologicae - dans Positions théologico-ecclésiales
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