Lundi 8 octobre 2012 1 08 /10 /Oct /2012 23:04

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Après avoir prudemment attendu pour ne pas brûler les éventualités de pacification, cette libre revue, avec la même franchise avec laquelle elle a commenté d’autres événements ecclésiaux et résisté aux tentatives de censure, intervient sur la situation actuelle de l’Institut du Bon Pasteur. Nous reportons d’abord les faits, exposés dans le compte-rendu officiel du secrétaire du Chapitre qui a été transmis pour connaissance à la Commission Pontificale Ecclesia Dei ; ensuite nous publions la « Lettre ouverte à M. l’abbé Philippe Laguérie », adressée à celui-ci par le directeur de ce site.

La Rédaction 

 

 

Rev. me Commission Pontificale Ecclesia Dei,

C’est avec beaucoup de chagrin que nous nous voyons dans la nécessité d’évoquer des événements douloureux au sujet de notre premier Supérieur Général, événements que nous aurions souhaité résoudre sans qu’ils soient portés à l’extérieur de notre société.

Nous avions envisagé de vous rapporter de vive voix et de manière détaillée la situation actuelle de notre Institut. Pour cela notre nouveau Supérieur Général avait demandé à être reçu. Nous avions aussi espéré et essayé une pacification interne de cette même situation en envoyant des propositions de conciliation à M. l’abbé Laguérie. Cependant, nous avons récemment constaté qu’aucune des deux choses envisagées n’a pu se réaliser. En effet, par la lettre du 17 juillet, la Commission nous a communiqué qu’elle ne souhaitait recevoir aucun membre du Chapitre ; et en ce qui concerne l’abbé Laguérie, nous avons dû constater chez lui une attitude à la fois opposée à tout dialogue constructif et objectivement non-fiable. En effet, après les opérations électorales (dont nous faisons état intégralement ci-dessous), il a abandonné le Chapitre encore en acte, malgré les invitations à rester, à dialoguer et à s’accorder qui lui ont été adressées, mais qu’il n’a absolument pas voulu écouter.

Lorsque les travaux capitulaires étaient désormais conclus, l’abbé Laguérie a transmis ses propositions pour une conciliation de la situation (voir feuille annexe). Dans les semaines suivantes, toujours au mois de juillet, nous avons essayé d’établir un contact avec lui, dans le but de mettre en valeur pour autant que possible ces propositions, mais il s’y est refusé, sous prétexte que notre disponibilité était trop tardive (déjà en juillet!) et que ses propres propositions auraient dû être accueillies intégralement ou refusées avant la fin du Chapitre, refusant ainsi de prendre en considération ce qu’on lui avait déjà répondu : à savoir que son abandon du Chapitre et le fait de lire ses propositions envoyées par mail une fois les travaux terminés rendaient impossible une réponse plus rapide à ses propositions.

Ensuite, le même abbé Laguérie a demandé à l’abbé Perrel de le rencontrer, en spécifiant cependant qu’il ne lui aurait pas montré les documents romains auxquels il avait fait allusion sur son blog, mais auxquels il enjoignait en même temps à l’abbé Perrel de se soumettre. 

Il est évidemment déplorable qu’un document auquel tous doivent se tenir soit d’abord communiqué par allusion sur Internet, au lieu d’être envoyé aux capitulants et aux membres de l’IBP en général ; et il est évident aussi qu’un tel document doit être intégralement connu de ceux à qui il est adressé ; nous avons donc fait remarquer à M. l’abbé Laguérie que sa prétention paraissait dépourvue de sens. Selon lui, en effet, nous aurions dû nous contenter de connaître d’une façon génériquement relatée et dans le meilleur des cas par morceaux, une chose qui nous concernait directement!

L’abbé Perrel a donc demandé à l’abbé Laguérie de pouvoir le rencontrer pour lire ce document. L’abbé Laguérie a répondu qu’il ne lui montrerait pas le document, mais qu’il lui en ferait seulement lecture (intégrale ? Il n’a pas voulu spécifier) en soutenant qu’il était tenu au secret. A cela l’abbé Perrel a alors répliqué qu’un tel comportement était étrange : comment un document si secret pouvait-il être contraignant alors qu’il ne pouvait pas lui être montré ? Et s’il était si secret l’abbé Laguérie n’aurait-il pas dans tout les cas violé ce secret en en donnant la nouvelle sur son blog et en en citant des extraits dans ses mails ? Et une éventuelle lecture faite par l’abbé Laguérie en présence de l’abbé Perrel, sans que ce dernier ait pu jamais lire le texte authentique, n’aurait-elle pas violé le secret dont il était question en tous les cas ? Quelle logique y avait-il en tout cela ?

Comment pouvions-nous tenir pour indiscutablement contraignant un texte qu’on s’obstinait à ne pas vouloir nous montrer, alors que l’abbé Laguérie avait souvent varié dans ses affirmations, comme le montre l’ensemble du présent document ? Il avait d’ailleurs déjà soutenu (et même confirmé par écrit) des choses peu crédibles, comme par exemple le fait que cette Commission Pontificale aurait formellement enjoint la censure et le retrait de certains articles d’un site internet libre, site qui par ailleurs déclare explicitement ne pas être un organe de l’IBP. 

Plus tard, l’abbé Laguérie a communiqué à l’abbé Perrel avoir reçu de cette Commission l’autorisation de faire connaître le texte, et il déclarait donc le lui envoyer par mail. L’abbé Perrel a alors communiqué à l’abbé Laguérie sa disponibilité à le rencontrer, à lire ensemble les documents, et à en parler ensemble, comme il l’avait souhaité précédemment. 

En réponse à cette proposition, l’abbé Laguérie a ajouté une série de conditions : le lieu et la date, non pas d’une rencontre, mais de la convocation de l’abbé Perrel, auraient dus être choisis unilatéralement par lui-même (…) et, de plus, il enjoignait au même abbé Perrel de ne pas se présenter en compagnie d’un prêtre déterminé, membre de l’IBP, comme accompagnateur, tout ceci sur un ton arrogant et fortement provocateur.

L’abbé Perrel a donc exprimé à l’abbé Laguérie que, pour qu’une rencontre se déroule dans un climat de dialogue, elle doit se concorder ; il ne songeait pas lui-même à poser aucun veto à l’abbé Laguérie au sujet de l’accompagnateur qu’il aurait choisi, et qu’il estimait donc pouvoir jouir lui-même d’une liberté semblable ; mais l’abbé Laguérie s’obstinait à imposer tous et chacun des points comme autant de conditions sine qua non, ceci confirmant son attitude récente, n’ayant rien de constructif. 

Donc, étant donné l’avis de cette Rev. Commission dans sa communication du 17 juillet dernier, de « ne pas retenir opportun en ce moment de recevoir aucun des membres du Chapitre », et en considération de l’attitude prévaricatrice et non constructive de l’abbé Laguérie, qui a rendues vaines nos espérances d’une résolution de la situation dans l’immédiat, nous nous voyons désormais obligés de recourir au présent moyen, quoique imparfait, pour exposer de manière complète – en prolongement de notre précédent envoi – la situation en question.

 

***

 

[Déroulement du Chapitre]


Le Chapitre s’est ouvert dans la matinée du lundi 2 juillet, avec les votes sur les modalités du scrutin. Nous faisons remarquer que l’abbé Laguérie guidait alors à ce moment les discussions du chapitre en sa qualité de Supérieur Général, avant de démissionner – soulignons-le – le 3 juillet, donc avant son éventuelle réélection controversée. 

Le 3 juillet, l’abbé Laguérie use alors de sa forte influence sur les opérations préélectorales en guidant les discussions, avec l’aide de l’abbé Héry, son assistant, pour que fusse pris en considération le fait que l’abbé Navas avait transmis des bulletins de vote par l’intermédiaire de l’abbé Pinzon. L’abbé Laguérie invitait à une interprétation large des statuts pour permettre de prendre en compte le vote de l’abbé Navas.

Des doutes ont alors été soulevés, parce que l’abbé Laguérie connaissait depuis la fin du mois de juin l’envoi de tels bulletins par l’intermédiaire d’un capitulant, et qu’il n’en avait informé le Chapitre qu’après son ouverture, la chose ne figurant même pas à l’ordre du jour. L’abbé Laguérie a alors encore insisté et l’on a procédé au vote du Chapitre, qui a accepté que le vote de l’abbé Navas puisse être exprimé, au moyen des bulletins apportés par l’abbé Pinzon. 

Une nouvelle enveloppe est ensuite arrivée de Bogotá. L’abbé Laguérie, qui guidait encore les discussions, a insisté pour que l’on prenne en considération ces nouveaux votes par correspondance, et que lui-même avait sollicités auprès de l’abbé Navas dans les jours qui avaient précédé le chapitre. Dans ce climat, il n’a pas été procédé à un vote quant à l’acceptation des nouveaux bulletins, mais ceux-ci ont été substitués aux précédents par le canoniste.

 

Dans l’après midi, le Supérieur Général sortant, M. l’abbé Laguérie, a posé sa démission ainsi que tout le reste du conseil (charges qui, en l’absence d’une telle démission, auraient dû continuer jusqu’au 8 septembre 2012). Le chapitre a donc pu procéder aux élections, la présidence du chapitre étant désormais intégralement prise en charge par moi-même, secrétaire général sortant et secrétaire du chapitre.

Le premier scrutin a alors eu lieu, avec les résultats suivant :

 

Nombre de capitulants présents : 11 (total de 12 votants en raison du vote de l’abbé Navas).

 

Résultats du premier tour :

Abbé Philippe Laguérie 6 voix

Abbé Roch Perrel 5 voix

Abbé Guillaume de Tanoüarn 1 voix

 

Résultats du second tour :

Abbé Philippe Laguérie 6 voix

Abbé Roch Perrel 6 voix

 

Accèdent au troisième tour les abbés Philippe Laguérie et Roch Perrel.

 

Résultats du troisième tour :

Abbé Philippe Laguérie 6 voix

Abbé Roch Perrel 6 voix

 

M. l’abbé Philippe Laguérie est élu supérieur général de l’Institut du Bon Pasteur, au bénéfice de l’ancienneté.

Il accepte la charge.

M. l’abbé Carusi adresse au secrétaire du Chapitre une réclamation concernant la validité de l’élection, en raison d’un vice de forme dû à l’adoption de nouveaux bulletins de vote de l’abbé Navas, reçus par la poste après l’ouverture du Chapitre, sans aucune signature ni lettre d’accompagnement, et sans que l’acceptation de ces nouveaux bulletins n’ait été soumise à l’acceptation du Chapitre.

L’abbé Pinzon se dit très étonné parce que dans les bulletins qu’il avait consignés apparaissait le nom de l’abbé Aulagnier, qui n’a obtenu aucune voix avec les nouveaux bulletins.

Au début de la session suivante du Chapitre, le mercredi 4 juillet 2012 à 9h, l’abbé Carusi conteste la validité de cette élection, appuyé par plusieurs capitulants, et demande de soumettre l’annulation de l’élection au vote du Chapitre pour vice de procédure : le vote concernant la demande de l’abbé Navas approuvait la prise en compte des bulletins « qu’il a émis et qu’il a communiqués par l’abbé Pínzon Vélez ». Or ceux qui ont été pris en compte sont d’autres bulletins, reçus par la poste dans l’après-midi. D’autre part, ces seconds bulletins ont été reçus par le Chapitre après son ouverture ; ils n’étaient accompagnés d’aucune lettre explicative, ni même d’une signature quelconque de l’abbé Navas. Suivent les discussions des capitulants. Tous interviennent un par un sur le sujet.

La séance est alors suspendue durant 20 minutes. Au retour, l’abbé Laguérie déclare quitter l’assemblée capitulaire, malgré les invitations à rester qui lui sont adressées, à cause de l’impossibilité de gouverner qu’il déclare évidente et en disant « je vous laisse détruire l’IBP, les nouveau chefs détruiront l’IBP, je ne peux pas gouverner cet Institut ». Il quitte ensuite l’assemblée. Suite aux phrases mentionnées, qui ont la saveur d’une démission, l’abbé Laguérie a aussi affirmé, juste en sortant, qu’il partait sans pour autant donner sa démission, puisqu’il venait d’être réélu ; or mise à part la contradiction de cette dernière phrase avec ce qu’il avait dit juste avant, et avec le fait constitué par son abandon du Chapitre, il faut souligner que cette éventuelle non-démission contradictoire regardait sa prétendue réélection du jour précédent : comme nous l’avons rappelé plus haut, il avait en effet démissionné le 3 juillet de son titre de Supérieur Général – comme le prévoyait l’ordonnance préparatoire du chapitre – titre qu’il avait reçu par décret de S. Em. le Card. Castrillon Hoyos. C’est en raison de cette démission formelle du 3 juillet que nous avons donc considéré que l’unique titre éventuel pouvant être revendiqué était celui lié à l’élection controversée du 3 juillet, et non à un titre antérieur.

L’abbé Héry déclare à son tour quitter le Chapitre, pour raisons de santé, à cause de la difficulté à supporter les débats. Ce qu’il fait.

11 h 55 : la session est suspendue par le Secrétaire du Chapitre

15 h : ouverture de la session

 

 

Lettre de l’abbé Laguérie

Le P. Pocquet du Haut-Jussé, canoniste, lit une Lettre du Supérieur général, qui lui a été laissée à midi par M. l’abbé Laguérie. Celui-ci y annonce sa démission du Chapitre général et son refus à l’avance de toute responsabilité que lui confierait le Chapitre :

« Abbé Ph. Laguérie.

Je démissionne de ce chapitre général (2-… juillet 2012). Je refuse à l’avance toute responsabilité qu’il déciderait de me confier.

Fait à Courtalain, Mercredi 4 juillet 2012

Abbé Philippe Laguérie, fondateur et sup. général »

 

Le Chapitre Général, étant l’autorité suprême de l’Institut, et constatant la présence des deux tiers des ayant droits – l’abbé Laguérie ayant démissionné de sa charge reçue du Card. Castrillon Hoyos et ayant paru aussi démissionner oralement et par le moyen de la lettre consignée au canoniste (éventuelle réélection) – établit de continuer ses activités, même après l’abandon des deux capitulants, les abbés Philippe Laguérie et Christophe Héry, pour le bien suprême de la société.

Le chapitre prend acte que, en plus des problèmes cités, la procédure d’admettre un vote par correspondance, si la pratique n’est pas prévue par les statuts, est contraire au canon 167.

Le chapitre exclut donc de faire recours à un vote par correspondance ou par délégation, en établissant que seuls les présents auront droit au suffrage.

 

Le Chapitre vote et approuve la motion suivante :

« Le Chapitre général considère comme nulle l’élection du Supérieur général qui a eu lieu le mardi 3 juillet, à cause d’un vice de forme ».


Le Chapitre informe la Commission Pontifical Ecclesia Dei ; il approuve la motion suivante :

« Le Chapitre général souhaiterait obtenir un avis de la Commission Ecclesia Dei, tant qu’il est en acte, avant de procéder à l’élection du Supérieur Général et de son Conseil ».

 

Le Chapitre informe donc la Commission Pontificale Ecclesia Dei de ce qui s’est passé et prévoit de renvoyer l’élection au lendemain à 15 h pour pouvoir laisser un espace de temps congru afin que la Commission puisse envoyer des conseils éventuels tant que le capitulants sont encore tous réunis (certains membres de l’Amérique Latine ayant déjà prévu leur billet de retour).

 

Texte de la communication envoyée le 4 juillet à la Commission :

« Mercredi 4 juillet 2012.

Le Chapitre général de l’Institut du Bon Pasteur informe la Rev. Commission Ecclesia Dei que suite à l’invalidité de l’élection du 3 juillet 2012, il ne peut communiquer à la Rev. Commission les résultats de l’élection du Supérieur général avant le 5 juillet 2012.

Le Chapitre informe aussi la Commission qu’au moment de la contestation de la validité de cette élection, l’abbé Philippe Laguérie s’est retiré dans des circonstances d’abandon du Chapitre. De la sorte, la Commission est informée des raisons pour lesquelles les résultats ne pourront lui parvenir qu’avec retard, et pourra aussi, si elle l’estime utile, nous communiquer quelque avis.

Le Chapitre continuera à procéder selon l’ordre du jour, qui prévoit désormais l’élection pour le jeudi 5 juillet à 15h ».

 

Le matin suivant, le Chapitre vote et approuve la proposition suivante :

« Le Chapitre général autorise le Secrétaire du Chapitre à prendre contact immédiatement avec l’abbé Laguérie pour savoir s’il a une communication à faire au Chapitre ».

Le Secrétaire général prend contact avec l’abbé Laguérie, qui refuse de communiquer quoi que ce soit au Chapitre général.

A 15 h, en qualité de Secrétaire je consulte les mails, après avoir téléphoné pour vérifier s’il n’y avait pas d’éventuelles indications de la Commission Pontificale, et l’on procède à l’élection du Supérieur Général.

 

 

Election du Supérieur général.

Nombre de capitulants présents : 9 votants.

Résultats du premier tour :

Abbé Roch Perrel               8 voix

Bulletin blanc                                 1 voix

 

M. l’abbé Roch Perrel est élu supérieur général de l’Institut du Bon Pasteur, avec deux suffrages de plus par rapport à la parité du précédent scrutin, en obtenant les deux tiers des ayants droit, et les huit neuvièmes des présents.

Il accepte la charge.

 

Election du premier conseiller, premier assistant et vicaire général.

 

Résultats du premier tour :

Abbé Paul Aulagnier                      8 voix

Abbé Yannick Vella                        1 voix

 

M. l’abbé Paul Aulagnier est élu premier conseiller, premier assistant et vicaire général de l’Institut du Bon Pasteur.

Il accepte la charge.

 

Election du second conseiller, second assistant.

Résultats du premier tour :

Abbé Leszek Kròlikowski                6 voix

Abbé Yannick Vella                        3 voix

 

M. l’abbé Leszek Kròlikowski est élu second conseiller, second assistant de l’Institut du Bon Pasteur.

Il accepte la charge.

 

Election du troisième conseiller.

Résultats du premier tour :

Abbé Yannick Vella                        4 voix

Abbé Stefano Carusi                      4 voix

Abbé Louis-Numa Julien 1 voix

 

Résultats du second tour :

Abbé Stefano Carusi                      5 voix

Abbé Yannick Vella                        4 voix

 

M. l’abbé Stefano Carusi est élu troisième conseiller de l’Institut du Bon Pasteur.

Il accepte la charge.

 

 

Election du quatrième conseiller.

Résultats du premier tour :

Abbé Louis-Numa Julien             4 voix

Abbé Philippe Laguérie                1 voix

Abbé Jose-Luis Pinzón Vélez         1 voix

Abbé Yannick Vella                      1 voix

Abbé Vincent Baumann                1 voix

Abbé Matthieu Raffray                  1 voix

 

Résultats du second tour :

Abbé Louis-Numa Julien             5 voix

Abbé Yannick Vella                    1 voix

Abbé Jose-Luis Pinzón Vélez       1 voix

Abbé Vincent Baumann               1 voix

 

M. l’abbé Louis-Numa Julien est élu quatrième conseiller de l’Institut du Bon Pasteur.

Il accepte la charge.

 

Le Chapitre communique à la Commission :

« Le Chapitre général de l’Institut du Bon Pasteur communique à la Rev. Commission Ecclesia Dei l’élection du Supérieur général et des membres du Conseil général de l’Institut.
Sont élus :

Supérieur général, M. l’abbé Roch Perrel ;
Premier assistant, M. l’abbé Paul Aulagnier ;
Deuxième assistant, M. l’abbé Leszek Krolikowski ;
Troisième conseiller, M. l’abbé Stefano Carusi ;
Quatrième conseiller, M. l’abbé Louis-Numa Julien.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de recevoir l’expression de notre dévotion filiale,
Le Chapitre général de l’Institut du Bon Pasteur, réuni à Courtalain, le 5 juillet 2012 ».

 

Une fois le Chapitre terminé, tous les membres reçoivent alors la lettre que l’abbé Laguérie avait envoyée pour faire des propositions de “possibilité de conciliation” (voir annexe), dans lesquelles entre autre il déconseillait de faire un recours à cette Commission pour les raisons qu’il expose, et dont vous pouvez prendre connaissance dans l’annexe, écrite par l’abbé Laguérie.

Ayant ainsi informé la Rev. Commission des faits et des éléments en cause, en particulier le fait de la démission formelle de M. l’abbé Laguérie de ses charges antérieures à l’élection controversée, nous pensons que seront clairs aux yeux de la Commission, au vu des faits présentés, les motifs qui nous ont conduits à estimer ne pas pouvoir procéder d’une autre manière que ce que nous avons fait.

Nous restons en l’attente confiante de vos communications et de l’envoi direct des documents qui concernent l’IBP, n’ayant toujours pas pu en faire de lecture directe, ni voir avec certitude les originaux.

Avec nos prières dévotes à la Très Sainte Vierge Marie, Mater Ecclesiæ, et avec observance.

 

                             Don Leszek Krolikowski  

 Secrétaire du Chapitre de l’Institut du Bon Pasteur

 

 

***    

 

 

LETTRE OUVERTE A M. L’ABBE PHILIPPE LAGUERIE

 

                                                                                                      Courtalain, le 21 septembre 2012

 

Cher m. l’abbé Philippe Laguérie, Supérieur Générale (émérite) du Bon Pasteur,

 

            Votre comportement nous désole de plus en plus, vous venez au séminaire pour enlever par écrit les droits électoraux actifs et passifs à monsieur l’abbé Perrel, votre concurrent, et vous dites que vous cherchez la paix. Depuis longtemps je voulais répliquer, mais j’ai attendu, pour ne pas fermer la porte à la possibilité des signes de paix et de bon sens, maintenant cependant vous avez passé toutes les limites de l’humaine tolérance. Fecerunt desertum et appellaverunt pacem.

Et maintenant vous attaquez encore le séminaire, en disant qu’il « s’oppose à Rome », voilà votre unique argument en ces semaines, celui qui sert le plus vos intérêts personnels.


Votre hilarante déclaration d’ hyper-romanité

Vous avez écrit un incroyable « communiqué des fondateurs». Voilà celui qui se vantait jusqu’à hier de l’occupation de S. Germain l’Auxerrois et de ses attaques contre la « Rome moderniste », en compagnie du grand instigateur des Sacres de 1988, signer un document si onctueusement servile, qu’à Rome aussi on aura dû faire effort pour ne pas rire. Personnellement, je vous l’avoue, je n’y suis pas arrivé, j’ai ri, je l’admets. Ne me punissez pas davantage pour cela, déjà vous m’avez nommé (de quel droit ?) au Centre Saint Paul, qui - si je ne me trompe pas - est ce centre culturel Rue S. Joseph, sans doute érigé et toujours géré dans le plus grand respect du droit ecclésiastique positif, qui vous est devenu si cher d’un coup. Ce Centre que vous vouliez rayer de la carte - avec son dirigeant - en juin dernier et que l’économe général voulait exclure de la cultuelle parce que non érigée canoniquement . Rappelez-vous…messieurs les abbés…à vos propos colériques et passionnés  il fut répondu que ce n’était pas honnête - malgré tout - de se débarrasser ainsi du Centre de S. Paul après l’avoir longtemps utilisé. Mais depuis vous avez fait la paix…Déjà l’Evangile nous parle d’amitiés qui se recomposent vite…c’était un Vendredi Saint, le temps de traverser Jérusalem et l’amitié était refaite. 

Par ce texte (…) vous vous autoproclamez, en compagnie d’autres hyper-romains - il n’y a qu’à lire leur histoire - « interprète authentique » des Statuts. Vous vous présumez aussi de la signature d’un autre « fondateur-interprète » : il est sorti de l’IBP en claquant la porte.  Que depuis le diocèse de Toulon on puisse « interpréter authentiquement » les Statuts de l’IBP, vraiment je n’y  aurais jamais songé.

M. l’abbé, donnez-nous la liste de ces « interprètes-fondateurs », parce qu’elle est à géométrie variable : vos rapports turbulents avec l’abbé Prieur ont déterminé sa disparition de la liste en question. Dites-nous aussi jusqu’à quand on peut rester « fondateur-interprète », serait-ce une charge à vie même si on quitte l’IBP ? Si demain un « fondateur-interprète » avait à partir de l’IBP, faudra-t-il qu’on lui demande toujours avis aux sujets des Statuts, en suivant ses évolutions doctrinales ? Ne serait-ce pas là un immanentisme doctrinal moderniste, au pire sens de la « tradition vivante » et changeante aux différentes époques…et, avouons-le, selon l’utilité du moment ?

Pardonnez-moi M. l’abbé, mais je ne vois aucune cohérence dans l’ « interprétation authentique » de l’abbé Aulagnier sur le Novus Ordo, appelé « Messe de Luther » dans les publications de son site, et les évolutions liturgico-doctrinales de l’autre « interprète-fondateur », m. l’abbé de Tarnouarn, sur le site duquel on peut lire ce titre : « Mais si l'on préfère présomptueusement et témérairement un rite particulier à l'unité et à la paix, fût-on personnellement bon, saint et digne d'éloges, on mérite pourtant condamnation ». Sur la conciliation des deux positions contradictoires je vous laisse, sans trop d’espoir, unique « interprète authentique » : si au lieu de vous remplir la bouche de « Rome », « Rome », « Rome » vous vouliez bien nous dire laquelle de ces deux positions correspond à votre pensée je vous serais redevable.

Est-ce bien la signature de l’abbé Aulagnier celle qu’on lit ? Est-ce bien le même qui appelait encore récemment l’accordiste Dom Gérard « race de Juda » ? Iam parce sepulto. L’abbé Aulagnier est-ce bien le dernier prêtre qui a rejoint le Bon Pasteur, à savoir en novembre 2011 ? Il s’agit bien de celui qui, avant cette date récente écrivait encore sur internet qu’il était « membre de la FSSPX » ? Et si l’autorité compte plus que la vérité, que faisiez-vous à la FSSPX qui a résisté à la suprême autorité de l’Eglise ? S’agit-il bien de celui qui encore en juin 2011 (!) disait : «tout en ayant aidé la fondation, je ne veux pas m’incardiner à l’IBP parce que si la FSSPX fait un accord je rentre chez eux. L’IBP est instable et ne me donne aucune confiance à cause des abbés Laguérie et Tarnouarn » ? Au point que les professeurs du séminaire - qui, ne serait-ce que par honnêteté envers les séminaristes, l’avaient déjà assumé ce « risque » de s’incardiner - lui ont fait remarquer qu’une société de vie sacerdotale n’est pas à identifier avec la personne de son supérieur pro tempore.

L’abbé Aulagnier qui, en 1988, refusant toute  proposition du Cal Ratzinger, disait : « A Rome, on a une pensée théologique et philosophique contraire à la pensée de l'Église. J'ai peur de cet accord; je crains la ruse du démon, de l'ennemi. (…) Je crains le Bureau romain. ''J'adhère à la Rome catholique, je refuse la Rome moderniste", qui risque d'être le Léviathan qui nous dévore », est-ce la même personne qui nous parle maintenant si onctueusement de « Rome », « Rome », « Rome » et de fidélité absolue au droit positif ? Tout cela fait rire le monde entier…et les fonctionnaires romains peut-être aussi. Lui, qui pour éviter les risques d’une fondation est rentré au Bon Pasteur il y a seulement quelques mois - juste à temps pour voter au Chapitre - c’est assez ridicule.

Et je passe sur l’aussi hilarante auto-citation de l’abbé Laguérie - Cicero pro domo sua, encore du personnalisme exacerbé de l’autorité - devenu « herméneute unique et authentique des Statuts ». Encore de l’auto-proclamation.  Nous avons compris, n’insistez pas.

La mesure est comble, et je réplique donc après avoir attendu très longtemps, obligé désormais non pas à cause de votre acharnement à mon égard, mais parce que je dois prendre acte de votre prétendue et ridicule épuration à l’encontre de votre concurrent de ce matin ; parce que vous vous obstinez dans cette ligne destructrice. L’ancien héritage jacobin des fondateurs revient avec les listes de proscription qui sont déjà affichées : moi-même, très « canoniquement » nommé dans une maison qui « canoniquement » n’existe pas ; l’abbé Perrel « déclaré » inéligible, parce qu’il n’acquiesce pas à vos prétentions et menacé d’autres punitions. Robespierre docet. Et je ne peux pas croire que Rome soutienne des procédés pareils, comme vous le laissez entendre.


Le déroulement du Chapitre

Je réplique donc publiquement que monsieur l’abbé Philippe Laguérie a été refusé deux fois par notre société : la deuxième fois par l’élection de l’abbé Perrel avec 8 voix sur 9 présents (c'est-à-dire les deux tiers des ayants droit) ; mais refusé déjà dans la première votation, dans laquelle, même en ayant tout fait pour récolter les voix de la dernière heure, l’abbé Laguérie est arrivé à la parité au troisième scrutin (six à six avec l’abbé Perrel, donc présumée élection par ancienneté). Mais précisons que pour arriver à parité il a fallu ajouter comme électeur l’abbé Aulagnier, vite incardiné quelques mois auparavant ; sans parler de la trouvaille du bulletin : d’abord on nous fait voter pour que les votes de l’abbé Navas, détenus l’abbé Pinzon, soient admis et le Chapitre accepte, mais pour se retrouver ensuite face à l’arrivée d’un autre enveloppe par la poste que vous faites substituer aux précédents sans aucune votation, alors que ce même abbé Laguérie présidait les discussions du Chapitre - en même temps juge et partie - et avec l’aval du canoniste indiqué à l’époque par vous-même et approuvé par Mgr Pozzo dans sa lettre. Ce même bulletin que Rome déclare illégitime, étant un procédé canoniquement inadmissible, selon les papiers que vous-mêmes faites circuler.

Ce bulletin, après être arrivé sans aucune lettre ni signature, et contenant quatre feuilles avec nominatif alors qu’il n’y avait que trois scrutins, étant passé d’une poche à l’autre du canoniste (!) - qui en d’autres domaines, il faut le dire, a montré mieux maîtriser le droit canon - aurait permis une apparente parité ; alors que son acceptation était proposée - en évident conflit d’intérêts - par celui qui était juge et partie. Le Chapitre a ensuite déclaré la nullité d’un acte illicite, en informant le Saint Siège avant de procéder à nouvelle élection. Et à présent le décret romain du 18 juillet semble lui aussi, en répétant presque mot à mot ce que le Chapitre avait constaté, déclarer nulle et non avenue votre élection illicite. Ce bulletin qui, avec l’inscription en dernière minute de l’abbé Aulagnier, vous a permis d’arriver à parité, est un bulletin illégitime et inutilisable.

N’oublions pas que votre premier irresponsable recours - mis sur internet avant d’être communiqué aux capitulants et aux membres de notre société, sans se soucier de ses dégâts - réclamait votre titre de Supérieur en raison de la validité de cette élection que le Chapitre n’aurait pas pu défaire. Non, ce n’est pas un acte du Chapitre, c’est un acte juridiquement nul et non avenu par vice de forme : cette votation illicite était non seulement contraire aux plus élémentaires normes de la justice, mais aussi au canon 167. Ce que nous vous avons dit - à vous et au canoniste qui avait oublié ce canon - pour qu’on procède à une autre élection. Election que vous auriez désormais perdu cinq à six et voilà que vous abandonnez le Chapitre, n’affabulez pas s’il vous plaît.  

Je suis obligé de dire que Rome « semble » confirmer ce jugement d’une évidente justesse porté par le Chapitre, parce que ce matin vous me montrez d’abord une photocopie, en me refusant l’original, et seulement suite à mon insistance vous me donnez un autre texte ; parce que l’ensemble des capitulants n’a pas encore vu ce décret, qui, le 18 juillet, vous aurait été envoyé (avec l’appellation de « m. l’abbé », mais peut importe), pour que vous le transmettiez aux capitulants. Transmettre aux capitulants - je le répète - et tout de suite, voilà ce que demande le Saint Siège.

Pendant un mois et demi ce texte ne nous est pas accessible, et on nous demande en même temps de nous y soumettre sans que nous le connaissions ! Vous vous moquez de qui, en parlant de désobéissance aux décrets ? Nihil volitum nisi praecognitum ; vous nous empêchez l’accès aux documents de Rome, et vous nous accusez de révolte. On voit bien votre respect des indications romaines et vos intentions cachées. A présent toute notice que j’ai de ce texte, m’est transmise par vous - juge et partie une fois de plus - et l’ensemble des capitulants n’a pas encore eu copie de toute la documentation. Où est-t-il votre compte-rendu des faits envoyé à Rome ? On ne connaît pas ce que vous avez raconté à Rome pour obtenir - chose assez singulière - un éventuel décret « inaudita altera parte ».

Et permettez cette remarque passagère : cher m. l’abbé, pour un Supérieur sortant être « élu par ancienneté » (et après ces manœuvres !) équivaut moralement à une défaite, cela n’aurait-il pas dû, sans multiplier les recours à internet et les recours canoniques, vous dissuader de chercher le pouvoir à tout prix ?


Votre abandon du Chapitre

L’issue des votations successives étant devenu claire - non seulement parce que vous auriez perdu cinq à six sans le « bulletin volant », mais aussi parce que cet acte illicite avait dégouté les présents, qui ont voté au nombre de 8 sur 9 l’abbé Perrel par la suite - vous abandonnez le Chapitre. Vous abandonnez le Chapitre, avant tout choix et toute votation, dès que vous voyez l’ambiance devenue défavorable à votre réélection.

Oh que c’est beau de voir un chef abandonner sa société, surtout quand celle-ci s’appelle « du Bon Pasteur »! De vous entendre dire : « je vous laisse détruire l’IBP, je ne peux pas vous gouverner, je vous laisse faire ». Mais là aussi vous ne maintenez pas votre parole et vous faites des déclarations internet. En vue de quel bien ?


Avez-vous jamais cru à l’IBP ?

Vous avez été mis en minorité, la société ne vous a pas réélu. Un chef qui aime sa société dit « que je meure pour que le Bon Pasteur vive ». Un bon chef se retire en bon ordre en démontrant qu’il aime l’IBP, en montrant ainsi que la FSPPX avait tort lorsqu’elle disait que l’abbé Laguérie avait fondé l’IBP sans y croire, seulement parce qu’il ne savait plus où se refugier. En effet, vous vous rappelez monsieur l’abbé ? Vous nous disiez en conférence « je ne savais pas où aller et il fallait bien faire quelque chose ». Et récemment vous disiez encore dans un entretien avec Mgr Gaillot (!) que vous n’étiez pas pour que la FSSPX signe un accord. Mais alors, avez-vous cru à ce que vous avez fait ? Ou vraiment les seules circonstances vous ont conduit à écouter les propositions du Cal Castrillon, délégué par le Pape Benoit XVI, qui est peut-être plus que d’autres fondateur de cet Institut.

Vous vous souvenez quand vous nous disiez que vous ne renonciez pas au poste de curé de S. Eloi (malgré la nouvelle nomination) et que vous en aviez gardé la charge sur le papier, parce que, « si tout sautait », vous auriez gardé une place chaude ? Vous vous mettiez à l’abri en laissant votre troupeau aux intempéries ! Quel Pasteur ! Bel exemple de dévouement. Et maintenant pour vous sauver vous-même, vous faites des proclamations ultra-romaines sur la spécificité de l’IBP, mais en cachant sagement l’ « exclusive », dont vous ne parlez plus depuis un certain temps, et la « critique constructive », opportunément occultée aussi depuis un an environ, comme à la conférence de juin dernier, qui a scandalisé tous les séminaristes (moi je n’y était pas, parce que je connaissais le refrain depuis le 20 juillet 2011, je l’avais entendu dans le bureau de Mgr Pozzo. Vous vous souvenez ?). 

D’autres ont cru au Bon Pasteur et y croient fermement, parce qu’ils ne se reconnaissaient pas dans la FSSPX ni dans la FSSP, en raison de l’idéal qu’ils avaient.

Vous vous souvenez de ce soir du 3 juillet, après votre apparente réélection, quand on cherchait à me faire taire sur l’irrégularité du bulletin ? Vous me parliez de mon éventuel poste de conseiller, d’assistant même. Et là vous n’arrêtiez pas de tisser les éloges de ma personne. Si j’avais accepté vous seriez maintenant Supérieur et moi assistant. Je n’ai pas accepté et maintenant vous me traitez de tous les noms, après les flatteries adulatrices de ce soir-là.


Et maintenant à nouveau « Supérieur Général »

Et maintenant vous nous dites être Supérieur Général « au dire de tous les canonistes ». Dites-nous où vous trouvez tous ces canonistes toujours d’accord avec vous, ou sinon citez les canons et la jurisprudence, sinon la justice. Ils étaient tous d’accord quand vous étiez incontestablement élu au premier tour. Ils étaient tous d’accord quand vous deveniez en juillet « Délégué Apostolique »  (là aussi, leur connaissance du droit semble un peu désuète…) et maintenant vous redevenez « Supérieur Général » par décret du Cal Castrillon de 2006, charge de laquelle vous avez formellement démissionné le 3 juillet, comme vous a justement signifié  l’abbé Raffray.

Comprenez notre hésitation à reconnaître toutes vos variations, le droit n’étant pas - selon vos propres mots - une « peau de lapin » qu’on tirerait dans tous les sens.  


Quelle cohérence?

A Rome aussi on doit rire en lisant vos serviles déclarations d’amour à toute autorité ecclésiastique et à tout droit ecclésiastique positif. Le curé incontrôlable de Saint Nicolas du Chardonnet, à coté de « l’homme des Sacres de 1988 » et de l’abbé de Tarnouarn, celui de « Vatican II et l’Evangile », celui dans le site duquel on écrit « si l'on préfère présomptueusement et témérairement un rite particulier à l'unité et à la paix, fût-on personnellement bon, saint et digne d'éloges, on mérite pourtant condamnation », et qui doit être un homonyme de celui qui, à Notre Dame de Vignemont le 4 juin 2011, donnait la communion en cotta et étole à un mariage probablement invalide, pendant la messe d’un sédévacantiste (un vrai cette fois…), douteusement ordonné et qui déclare Benoit XVI (pardon, « l’abbé Ratzinger ») être un imposteur hérétique. A propos, quel Supérieur d’un Institut de droit pontifical dirigeait la chorale de ce même « mariage » sédévacantiste ? Comment peut-on faire une chose pareille ? « Il faut tirer les conséquences d’un accord avec Rome », pontifiez-vous sans rougir dans votre récente proclamation. Medice cura teipsum. Voilà les leçons d’obédience romaine et d’ecclésialité que vous avez donné à votre société. S’agit-il de la même personne qui a tourné sa veste pour garder le pouvoir ?  Croyez-vous vraiment qu’à Rome on va penser que vous êtes devenu un docile agneau qui ne boit que l’eau du Tibre et du vin Château-Gandolphe ?

Cher Monsieur l’abbé, vous changez souvent d’idée. Où sont-elles les phrases conquérantes (et fort peu « ecclésiales ») que nous tous avons entendu au Chapitre, en campagne électorale : « et maintenant on va s’installer partout même sans la permission des évêques » ? Cela aussi  vous l’avez relaté à Rome? Où est la romanité ? Et le respect du droit et de la divine constitution de l’Eglise ? (…) Sans multiplier les exemples, que votre installation à Poitiers en siège vacant suffise, ce qui nous a valu la compréhensible réprobation de tout l’épiscopat français - comme S. Em. le Cal Ricard nous l’a rappelé maintes fois en visite canonique.

L’IBP doit respecter la constitution de l’Eglise et poursuivre sa bataille liturgique et doctrinale et non, au contraire, braver la juridiction des évêques et céder, comme je le dirais plus bas, sur sa raison d’être et ses spécificités. Voilà notre service à l’Eglise au-delà des déclarations d’amour intéressées des « interprètes-fondateurs ».

Est-ce le même abbé Laguérie, activement présent au « mariage » sédévacantiste, celui qui envoie un mail (23 mars 2012, 10 h 52) à ses prêtres, en les invitant à accepter les conseil de Mgr Pozzo d’enlever l’« exclusive » et convertir la « critique constructive » en se contentant de l’herméneutique de continuité et rien de plus ? Es-ce le même ? Quel est le vrai Laguérie ? Vous avez appelé par écrit ces demandes de Mgr Pozzo à l’IBP une « Bonne Providence » (!) pour tous. On ne pouvait même plus écrire librement « Le rite propre et l’herméneutique de continuité sont-ils suffisant ?». Mgr Pozzo en demande la censure (vous m’écrivez) et vous exécutez. Et dans ce mail collectif que je viens de citer vous avouez sans gêne que ce texte de Mgr Pozzo a accueilli ce que vous aviez vous-même proposé ( !), et vous concluez le mail avec une éloge de la nouvelle conquête : le « proprie » à la place de l’ « exclusive » ! Et je m’arrête pour des raisons de place, sans citer vos propos aux prêtres présents dans l’après-midi du 2 février dernier. Décidément vous ne manquiez pas de culot et vous continuez à en avoir.  

 

Vos contradictions

Un jour vos éloge de la Commission Ecclesia Dei dépassent la flatterie (enlever l’ « exclusive » serait une « Bonne Providence » ( !),  le lendemain vous nous écrivez au sujet d’Ecclesia Dei, en nous disant qu’il faut être uni contre « nos communs ennemi » (relisez votre Lettre au Chapitre, après votre abandon). Combien de foi changez-vous d’avis en passant d’un extrême à l’autre ? Ou vous changez simplement de registre selon l’interlocuteur ? Où est-il le commun dénominateur de vos actions, à part votre pouvoir personnel ? Quelle crédibilité fournissez-vous non seulement à nous, mais à la Commission elle-même, qu’aujourd’hui vous encensez et qu’hier vous méprisiez par écrit.

Ou plutôt vous n’aimez que vous-même (et quelques proches) et vous êtes prêt à tout, pourvu que le chef soit vous. Pouvons-nous rester avec un chef disposé à tout pourvu que son pouvoir personnel soit sauvé ? Ne faisons pas rire sur notre dos. Mais il y en a eu à l’IBP pour y croire, et qui y croient encore. Vous, vous n’y avez jamais cru, sinon vous n’agiriez pas ainsi.

Comment disait-il l’abbé Aulagnier au sujet de Dom Gerard ? « Race de Juda » ? Espérons seulement, chers abbés, que vous soyez aveuglés au point de ne pas voir chez vous ce vous condamniez chez les autres… à moins que tout ne devienne licite, pourvu que ce soit vous qui le fassiez.

Cher M. l’abbé Laguérie, vous n’êtes pas Superieur Général, vous avez donné les démissions le 3 juillet, et en outre, le 8 septembre vous avez perdu le titre coloré que le décret du Cal Castrillon vous permettait. Deux fois la société vous a refusé, deux fois, démontrez que vous méritez de l’estime par ailleurs. Vous voulez le pouvoir à tout prix, vous avez fait venir un bulletin invalide, vous avez vite fait venir l’abbé Aulagnier parmi les électeurs, donc de votes vous n’en avez eu que quatre…et, si on enlève le votre, ça fait trois ! Bref la société vous a refusé comme chef, à quoi sert tout ce que vous faites à présent ?

Un chef en minorité qui ne veut pas abandonner le pouvoir sera conditionnable, à cause de la nécessité qu’il aura de recourir continuellement à une aide de l’extérieur. Vous êtes pour certains le candidat idéal, même si un jour vous serez jeté après avoir été utilisé, comme ces pauvres femmes, qu’on utilise une fois et dont après on se débarrasse. C’est ce qu’il faut pour ceux qui voudraient diriger le Bon Pasteur par une marionnette…nous n’avons pas besoin d’un commissaire…même en faisant abstraction de tous les prêtres qu’aujourd’hui ne sont pas à l’IBP, mais qui sont intéressés, et qui disent qu’ils ne viendront pas chez nous tant que l’abbé Laguérie restera le chef. Résignez-vous à abandonner le pouvoir d’une société qui vous a refusé, sinon vous démontrerez qu’ils avaient raison lorsqu’ils disaient que vous vous en fichiez de l’IBP et que vous ne cherchiez qu’une niche et le pouvoir.

Si vous n’êtes pas complètement aveuglé par l’esprit des ténèbres, si la Providence vous donne un moment de lucidité profitez-en, avant qu’Elle ne vous l’enlève. Il ne faut pas que vous passiez à l’histoire comme « le Juda » qui a livré l’IBP, pensez à autre chose.

Je vous ai déjà dit tout cela en privé, je ne voulais pas le dire à l’extérieur, mais désormais vous m’y obligez. Concluez bien ce qui a si mal commencé. Combien de fois nous vous avons défendu avec force contre les attaques, vous avez été notre Supérieur, avec courage parfois, mais tout cela ne fait qu’augmenter ma désolation pour votre action à présent.

 

Comme à la Fraternité Saint Pierre en 2000 ?

Pensez aussi à cette éventualité : n’arriverait-il pas par hasard (de façon plus masquée) ce qui est arrivé en 2000 au Chapitre de la Fraternité Saint Pierre ? De cette Fraternité qui maintenant, selon vous, les cinq « signataires » du Communiqué, est arrivée à défendre, sans précision et servilement, la liberté religieuse et à ne plus faire aucune bataille doctrinale, pour la joie de la FSSPX, qui appelle traîtres tous « les Instituts Ecclesia Dei » ? Ne nous trouverions-nous pas, par hasard, devant une situation analogue ?     

Et si quelqu’un d’autre pense - comme il l’a clairement dit en privé - que céder sur l’ « exclusive » et sur la « critique constructive » est la meilleure voie pour faciliter le développement de l’IBP, comme on l’a entendu au téléphone et par oral, alors qu’il le dise de manière ouverte, mais non pas avec de telles « magouilles ».

Le Bon Pasteur a besoin d’un chef qui ne soit pas conditionnable, sous aucun point de vue. Quelle tristesse de voir que vous ne vous en rendez pas compte tout seul ! Et gardez-vous de l’esprit mauvais : vous ne ressemblez pas au Bon Pasteur qui donne la vie pour les siens. Vous ressemblez au contraire de Jésus Christ : que notre œuvre soit détruite, pourvu que mon pouvoir soit sauvé. Vous ressemblez au contraire du Bon Pasteur, démontrez que vous êtes un homme, un chrétien, un homme d’honneur, en démontrant avec les faits que tout cela n’est pas vrai, au lieu de vous auto-citer et de faire des manœuvres pour avoir les voix que vous n’auriez pas eu au début, en démontrant ainsi que le jugement que la FSSPX portait sur vous était faux. Démontrez-le, mais démontrez-le avec des faits !

Je vous ai dit toutes ces choses en privé et plusieurs fois, ce qui a causé votre ressentiment acharné et personnel ; je vous les redis cette fois publiquement suite à votre obstination suicidaire, parce qu’il y a encore une lueur d’espoir que vous ouvriez les yeux sur le mal que vous avait fait à notre Institut et je supplie la Mère du Bon Pasteur de nous préserver de l’aveuglement dans le service loyal de Son Fils.


                                                                                                            Don Stefano Carusi

Par Disputationes theologicae
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